Les hostilités entre les pouvoirs publics – notamment américains – et le milieu des cryptomonnaies ne connaît aucune halte. Pour pouvoir cohabiter, les autorités gouvernementales et les structures relatives à la blockchain se doivent de faire chacun des compromis. Cependant, au regard des efforts commis par les uns et les autres, les entreprises spécialisées dans les cryptomonnaies sont les seules à faire des concessions quand les gouvernements exigent sans cesse plus de gages en retour. Chainalysis, au-delà de son cas personnel, est le symptôme d’un problème grandissant entre autorités publiques et cryptomonnaies.

Qu’est-ce que Chainalysis ?

Chainalysis se trouve être une entreprise spécialisée dans la surveillance informatique. Elle se sera développée notamment pour suivre les transactions opérées en cryptomonnaies. Le nom de l’entreprise renvoie d’une part à la blockchain et d’autre part à l’analyse des données surveillées.

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Cet outil n’a rien d’illégal, bien au contraire. Il a été fortement encouragé par les autorités publiques – pour ne pas dire imposé – afin de surveiller les transactions occasionnées par la technologies blockchain. Les cryptomonnaies ont été maintes fois accusées – et souvent à tort – de favoriser le blanchiment d’argent du crime organisé. Pour cette raison, les autorités financières de nombreux pays auront imposé un contrôle des transactions afin de prévenir cet usage détourné des cryptomonnaies.

Au nom de la lutte contre la fraude financière et le crime organisé, les entreprises de cryptomonnaies ont alors collaboré et transmis l’accès à leur base de données afin d’opérer un contrôle efficace sur les transactions.

La source du scandale Chainalysis

De tous les outils de surveillance, que les cryptonautes interprètent comme du flicage, Chainalysis aura su s’imposer comme l’un des plus en vogue. Assez peu intrusif bien que suffisamment efficient pour retracer les transactions opérées via la blockchain, il avait la confiance des autorités financières comme celles des entreprises de cryptomonnaies s’étant remises à ses service.

C’était cependant sans compter sur le fait que Chainalysis, en ayant un droit de contrôle aussi conséquent sur les transactions et les portefeuilles de cryptomonnaies, en aura profité plus que de raison. Il s’avère en effet que l’entreprise de cybersurveillance allait jusqu’à capter les adresses IP des utilisateurs de cryptomonnaies considérés comme suspects. Et cela, sans que l’on sache de quoi ils étaient suspects ni de quelle autorité Chainalysis se revendiquait pour se permettre un tel vol de données.

Chainalysis, un problème de fond pour les cryptomonnaies

Mais ce scandale Chainalysis pose une question de fond : quelle est la légitimité du contrôle financier de la blockchain ? En effet, la technologie blockchain avait été créée à l’origine pour échapper au contrôle des banques afin que celles-ci n’aient pas de droit de regard sur les transactions financières effectuées.

Or, l’intrusion de Chainalysis et d’autres entreprises de cybersurveillance amène à questionner la légitimité de ces dernières. À quoi bon échapper au contrôle des banques si cela implique d’être contrôlé par des autorités financières étatiques ? Il s’agit d’une infraction même du principe de base de la technologie blockchain.

Toujours est-il que ce scandale amènera une fois de plus les cryptonautes à fustiger la surveillance exercée par les autorités financières sur leurs transactions. Les hostilités ne sont alors pas prêtes de s’arrêter entre États et cryptomonnaies.