Derrière chaque cryptomonnaie, il y a certes des développeurs, mais il y a aussi une histoire ; un projet. Ce projet, souvent, s’en tient à des impératifs purement financiers. Mais d’autres, plus ambitieux, ont une histoire riche en anecdotes.

C’est le cas de Monero, la cryptomonnaie la plus anonyme qui puisse exister. Celle-ci ayant en effet été inventée pour réellement mettre en avant l’aspect innovant et décentralisé de la technologie blockchain.

Mais d’où cette cryptomonnaie tire-t-elle son nom exactement ?

L’origine étymologique de Monero

Le nom de la cryptomonnaie provient de la langue espéranto. Bien que son étymologie s’en rapproche, le mot « Monero » ne signifie cependant pas « Monnaie » à proprement parler. En réalité, il est possible de décortiquer l’étymologie de Monero en trois termes essentiels. « Mon » qui signifie « argent », « er » renvoie à la notion de « plus petite partie » et « o » qui, employé en suffixe, suggère l’idée d’une chose.

Cela signifie que Mon-e-ro serait la plus petite chose de l’argent. En d’autres termes : une pièce. La notion de cryptomonnaie est associée à un token/un jeton qui ressemble à une pièce.

Sans surprise aucune, le nom de la cryptomonnaie, pour ce qui est de sa stricte signification, renvoie donc à l’idée de monnaie. Une interrogation subsiste toutefois quant à la pertinence d’avoir choisi l’espéranto pour nommer cette cryptomonnaie particulière.

Pourquoi choisir l’espéranto pour nommer Monero ?

L’espéranto est réputée mondialement comme une langue dont on pourrait dire d’elle qu’elle est décentralisée. Celle-ci était alors pratiquée à la fin du 19ème siècle en Europe.

Les intellectuels européens, en effet, ont depuis longtemps rêvé de l’idée de créer une langue universelle que tous pourraient parler. L’espéranto se devait d’être ce langage. Celui-ci devait en effet permettre aux personnes de langue maternelle différente de se parler les uns aux autres grâce à un langage-monde qui n’appartiendrait à aucune nation ou aucune région en particulier. Un langage dont personne ne pourrait s’attribuer la paternité mais qui pourrait être utilisé par tous.

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L’espéranto n’aurait en effet été sous la tutelle d’aucune autorité centrale, fut-elle littéraire. Il appartenait à chacun de la pratiquer et d’en faire ce qu’ils désirent. Le projet, toutefois, n’aura pas abouti.

Monero se veut en un sens la réactualisation de l’espéranto traduit dans le monde de l’économie. En effet, la cryptomonnaie la plus anonyme qui soit a vocation à être foncièrement décentralisée, celle-ci ne pouvant alors être contrôlée par aucune autorité.

L’espéranto aujourd’hui

Toutefois, il serait partiellement inexact de dire que l’espéranto n’est aujourd’hui plus pratiqué. Le projet n’a échoué qu’en partie en ce sens où, encore à ce jour, certains groupes d’individus le maîtrisent encore. Le langage, néanmoins, n’aura pas été retenu par l’ONU comme une langue intermédiaire susceptible d’être parlée par chacun.

Encore aujourd’hui, on parle espéranto dans certaines régions d’Iran, de Chine, du Kazakhstan ainsi que dans d’autres provinces d’Asie mineure. Le Monero, par ailleurs, est très prisé de l’Iran. Le pays, soumis à des sanctions économiques, sera parvenu à subsister en dehors de SWIFT grâce aux cryptomonnaies et, plus particulièrement, d’une cryptomonnaie anonyme par excellence.