L’actualité des cryptomonnaies amène à devoir se familiariser sans cesse avec de nouveaux concepts techniques pour mieux comprendre les enjeux entourant leur utilisation. La loi peine à déterminer un cadre juridique viable entourant l’utilisation des cryptomonnaies et de leurs fonctions associées. Aussi, la construction légale des cryptomonnaies se rédige à tâtons. En attendant, les affaires judiciaires impliquant des cryptomonnaies et un usage douteux de ces dernières se multiplient.

L’affaire Crunch Monero Mining

L’affaire Crunch Monero Mining concerne cette fois les tribunaux japonais. Cette affaire se sera prolongée depuis 2017, poursuivant son cheminement devant différentes cours de justice. Aujourd’hui, c’est à la Cour Suprême du Japon, l’organe judiciaire ultime, de déterminer les contours de l’affaire concernée.

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Il est alors question d’une application téléchargée depuis un site de musique. L’application, appelée Crunch Monero Mining, possède certaines particularités susceptibles de la rendre illégale. Son concepteur de 34 ans et habitant Yokohama fustige l’amende requise par les tribunaux. Celle-ci, pourtant, ne se monte qu’à un montant environ équivalent 900 dollars.

Ce n’est alors pas pour échapper à une amende aussi dérisoire que l’accusé persiste et multiplie les recours. Mais pour mieux faire reconnaître le caractère légal de son application, en dépit de ce qu’en ont alors dit les juges jusqu’à présent.

Crunch Monero Mining : un virus ?

La police comme la justice ont déterminé que l’application Crunch Monero Mining pouvait être assimilée à une forme de virus informatique. Cependant, la qualification est potentiellement erronée. Un virus informatique, en effet, répond à une définition légale stricte et encadrée. Or, l’application concernée ne correspond pas en tout point à cette dernière.

Crunch Monero Mining, en effet, se veut une application minant de la cryptomonnaie depuis l’appareil de celui qui la télécharge. En utilisant les performances de l’appareil, l’application mine automatiquement du Monero XMR. Cependant, cette opération de minage ne rapporte pas des cryptomonnaies à celui ayant téléchargé l’application, mais à son développeur.

Le caractère litigieux, amenant à considérer l’application de minage XMR comme un virus, tient au fait que le minage a lieu à l’insu de l’utilisateur. Celui-ci, alors, en n’étant pas mis au courant de la manœuvre, est alors exploité à son insu. Les modalités d’exploitation divergent alors de celles d’un virus conventionnel, mais avec une finalité similaire. Ce qui, alors, amène la justice japonaise à persister à reconnaître l’application de minage comme un virus.

Le Crunch Monero Mining, un nouveau cryptojacking

D’un point de vue strictement technique, ce procédé est appelé cryptojacking. Il ne s’agit alors pas du premier en date à avoir été développé. Mais il s’agit en revanche de la première fois où la justice japonaise statue sur son cas.

Bien d’autres applications analogues ont déjà vu le jour. Celles-ci étant souvent dissimulées dans les protocoles d’une application apparemment inoffensive. Il existait même une plateforme de trading pratiquant le cryptojacking : Coinhive.

Aussi, avant de télécharger la moindre application, il faut aujourd’hui se méfier de tout ce qui peut alors y être lié et se renseigner en conséquence. Le cryptojacking, en puisant dans les performances de votre smartphone ou de votre ordinateur, impacte sa consommation d’énergie en plus de le ralentir. Ce qui, en soi, est assez nuisible pour assimiler le cryptojacking à une forme de virus informatique.